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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 23:12

La faiblesse du syndicalisme en France est frappante au regard de la situation prévalant dans les pays scandinaves. Alors que la Suède ou le Danemark- pour ne citer que ces pays- connaissent des taux de syndicalisation de 80%, la France atteint 8% dont 5% seulement dans le secteur privé.

Cette situation est encore renforcée par l’éclatement du paysage syndical français qui comprend 7 centrales différentes pour les seuls salariés :

- la CGT

- la CFDT
- la CGT-FO
- la CFE/CGC
- la CFTC
- SUD
- l’UNSA

La variable culturelle est régulièrement mise en avant pour expliquer l’importance de la syndicalisation en Suède par rapport à la France. Il semble toutefois que les différences entre les sociétés françaises et suédoises permettent surtout d’expliquer les divergences dans le répertoire de l’action collective.

La différence entre les taux de syndicalisation tient également au contexte juridique qui assure aux syndicats français une présomption de représentativité et des moyens financiers indépendamment de leur représentativité réelle. Ainsi, le cumul des fonctions de délégué syndical, de représentant du personnel et de membre des comités d’entreprise ou des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a induit une dissociation croissante entre les représentants des syndicats et les salariés.

Les syndicats français sont les grands perdants de cette situation puisqu'ils se retrouvent dépendants de l'Etat. En outre, le rapport entre les confédérations patronales et les confédérations syndicales est autant fondé sur le dialogue que sur l’opposition. Or la faible capacité des mobilisations syndicales en France en dehors de certains bastions, tels que les anciennes entreprises publiques, est préjudiciable aux intérêts des salariés.

Ainsi, les négociations salariales se déroulent en France au sein de l’entreprise entre la direction et chaque salarié. Les salariés français ont ainsi perdu une capacité d’influence sur la détermination de leur rémunération. En outre, les primes concédées aux salariés sont souvent la contrepartie d’une dégradation des conditions de travail.

La remise en question de la présomption irréfragable de représentativité peut être l'occasion d'une redéfinition du rôle des syndicats en France. Il appartient toutefois à l'ensemble des acteurs d'assumer leurs responsabilités dans ce processus. Les syndicats, le patronat et l'Etat pourraient se départir des anciennes habitudes et redéfinir leurs rapports.

En effet, la faiblesse du syndicalisme en France n'est pas que le fait des syndicats. Elle concerne également le patronat qui est trop souvent hostile à l'émergence d'une organisation représentative des employés. Elle concerne aussi l'Etat qui a trop souvent adopté la position du tuteur des relations sociales.


Pour une analyse éclairée et sans concession du syndicalisme français, veuillez cliquer ici.

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  • : L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • : Les pays nordiques accumulent les paradoxes: syndicalisme fort et dialogue social, libéralisme économique et cohésion sociale, services publics performants et absence de statut de la fonction publique ... Ces contradictions apparentes méritent un détour par le nord.
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  • Cyril Coulet
  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com
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