Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 10:35
 

 

I. La « flexicurité » ou la nouvelle politique active de l’emploi

 

 

I.1 Concept originellement danois qui fait irruption sur la scène politique française en 2005 à l’occasion du débat sur le contrat nouvel embauche (CNE). La flexicurité concilie flexibilité du marché de l’emploi et sécurisation des parcours professionnels.

 

Un degré de rigidité du marché du travail marqué par de fortes disparités mais plus faible qu’en France. Les chiffres cités ne concernent que l’emploi privé (source OCDE):

 
- France indice de rigidité= 2,9 sur 6

- Suède et Norvège = 2,7

- Finlande = 2,2

- Danemark = 2

- Royaume-Uni = 1,1

- Etats-Unis= 0,6

 

I.2 La flexibilité porte sur l’offre de travail en accompagnant l’évolution des compétences par le biais de la formation continue.

 

La sécurisation des parcours professionnels est opérée par l’importance des actions de formation complétées par un revenu de remplacement élevé au travers des allocations chômage.

 

II. Le renouveau de l’Etat-providence

 

La réduction des déficits publics pour assurer le respect de la contrainte budgétaire inter temporelle de la nation.
 

II.1 Des interventions contra cycliques afin de stabiliser l’activité économique.

 

- La diminution de l’endettement public offre des marges de manœuvre pour des mesures discrétionnaires de relance de l’activité.

- En revanche, les dispositifs de relance peuvent disparaître lorsque l’économie retrouve son sentier de croissance.

 

II. 2 La définition d’une stratégie pour assurer la viabilité financière de l’Etat providence. Trois stratégies disponibles :

 

-  L’augmentation des prélèvements obligatoires qui n’est dans les faits mis en œuvre par personne.

- Le recours à l’endettement public qui est la stratégie française n’est pas mise en œuvre dans les pays nordiques.

- Le relèvement du taux d’activité conjugué à une diminution des dépenses publiques afin de dégager les excédents nécessaires pour financer la hausse des coûts qui résulteront de l’allongement de la durée de vie.

 

II.3 La redéfinition du rapport entre l’Etat et l’individu qui s’appuie sur le développement de la responsabilisation de l’individu dans son rapport à la collectivité.

 

III. La mutation des syndicats

 

III.1 Le facteur historique.

Des syndicats qui acceptent assez tôt de négocier avec le patronat :

- Compromis de septembre en 1899 au Danemark :
reconnaissance syndicale de la liberté de l’employeur d’embaucher et de débaucher.


- Accord de Saltsjöbad en Suède en 1938 : encadrement du droit de grève.
Il ne peut porter sur un point contenu dans une convention collective pendant l’application de celle-ci. De même, la grève est impossible en l’absence de négociations préalables.


- Taux de syndicalisation supérieur à 80%.

 

III.2 Le facteur juridique.

Rôle effacé du législateur et du gouvernement dans la détermination des règles applicables au marché du travail :

- Absence de procédures réglementaires d’extension des accords collectifs.


- Absence de salaire minimum.


- Institution d’un médiateur pour prévenir les conflits sociaux.


- Négociations au niveau du secteur et de l’entreprise.


- Implication des acteurs syndicaux dans la prise de décision et dans la mise en œuvre de certaines politiques publiques
(historiquement : participation aux institutions en charge de la politique de l’emploi).

 

III.3 La remise en question des moyens traditionnels de l’action collective :

- Remise en cause du corporatisme et du système de Gand en Suède.


- Introduction de minima sociaux non conventionnels en Suède et au Danemark avant l’entrée dans l’UE.


- Diminution de l’influence des syndicats dans la conduite de la politique de l’emploi en Suède et au Danemark.


- Rupture du lien organique unissant la confédération syndicale LO et le parti social-démocrate.

 

Les acteurs syndicaux ont accepté de remettre en cause un très grand nombre de leurs instruments traditionnels d’action en vue d’accompagner les mutations de l’économie et de la société. Ainsi, les syndicats ont essayé de promouvoir la féminisation de leurs adhérents.

 
IV. Le « développement durable » ou l’éthique appliquée à l’économie

 

Le rapport Brundtldand qui porte le nom de l’ancien premier ministre norvégien qui est à l’origine du concept de « développement durable ». Elle a forgé ce concept à l’occasion de son travail de rapporteur pour la Commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987.

- Un concept vaste : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

- Un concept qui essaye d’associer protection des ressources et développement économique.


- Un concept qui assure l’égalité entre les générations.


- Un concept ancré dans le mode de vie des sociétés nordiques
avec une attention particulière portée à la nature et à la collectivité.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

snoring remedies 27/01/2014 12:16

It was very informative to read about the characteristics of Nordic model. I am not very familiar with this model and it was really a learning experience for me. I appreciate the effort behind this article. Thanks a lot. Keep posting.

Présentation

  • : L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • : Les pays nordiques accumulent les paradoxes: syndicalisme fort et dialogue social, libéralisme économique et cohésion sociale, services publics performants et absence de statut de la fonction publique ... Ces contradictions apparentes méritent un détour par le nord.
  • Contact

Profil

  • Cyril Coulet
  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com
  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com

Rechercher