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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 22:40

LE 12 FEVRIER 2009 A 20h30

SALLE DES FÊTES DE LA MAIRIE DE SOTTEVILLE-LES-ROUEN

CONFERENCE:

PAYS SCANDINAVES: QUEL MODELE SOCIAL?

 

Quels que soient les classements internationaux considérés, il est frappant de constater que les pays nordiques se situent au premier rang. Leur revenu par habitant élevé, la qualité de leurs services publics, leur capacité d’innovation et leur homogénéité sociale retiennent l’attention. Les pays nordiques semblent adresser un défi permanent aux principes prônés par les économistes libéraux. Leur étude permet ainsi d’enrichir le débat sur les pistes de réforme des institutions françaises. 

 

La politique de l’emploi

La flexicurité inspirée par le modèle danois d’assurance chômage est un concept promu tant par l’OCDE que par l’UE. La flexicurité réside dans une grande souplesse dans la formation et la rupture des contrats de travail en contrepartie d’un niveau très élevé d’indemnisation du chômage. Le filet de sécurité permanent offert aux travailleurs changeant de poste favorise la mobilité de la main d’œuvre et permet une adéquation plus efficiente de la main d’œuvre. Il contribue ainsi à garantir un fort taux d’emploi pour l’ensemble des actifs âgés de 15 à 64 ans.

 

Le taux d’emploi

Les économies des pays nordiques se caractérisent par une très forte capacité de mobilisation de la main d’œuvre. Les taux d’emploi des 15-64 ans dépassent généralement 70% alors qu’il atteint péniblement 60% en France. Ce taux d’activité élevé est rendu possible par une approche différente du travail qui conduit à organiser une plus grande fluidité entre les moments d’activité et les moments d’inactivité. Ainsi, le nombre annuel d’heures travaillées dans les pays nordiques est généralement inférieure à la moyenne de l’OCDE fixée à 1 800 heures. Elle est de 1 680h en Finlande, 1 560 au Danemark, 1 540 en Suède et 1 500 heures en Norvège.

 

L’innovation continue

La capacité d’innovation des pays nordiques s’illustre avec force dans le domaine de la téléphonie mobile. Le constructeur finlandais Nokia possède 39,4% des parts de marché et le constructeur suédois Ericsson, associé à Sony, en possède 8,6%. Ainsi les deux constructeurs réunis atteignent presque 50% du marché mondial des téléphones portables. Cette capacité d’innovation se reflète également dans le taux de pénétration des technologies de l’information et de la communication dans les pays nordiques. Le Danemark et la Suède figurent en première et deuxième position alors que la Finlande est 6ème, l’Islande 8ème et la Norvège 10ème. 

 

La cohésion sociale

La cohésion sociale est une priorité dans l’ensemble des sociétés nordiques qui sont dominées par une très importante classe moyenne. Ce résultat est le fruit d’une politique volontariste de redistribution sociale se fondant sur des prélèvements obligatoires importants et sur une politique active de l’emploi. Les sociétés nordiques figurent ainsi parmi les sociétés enregistrant les plus faibles écarts de revenu entre les groupes sociaux, mesurés par le coefficient de Gini, sans que cela ne porte atteinte à leur compétitivité internationale.

 

L’éducation

Les performances éducatives des élèves mesurées par l’enquête PISA (Programme for International Student Assessment) menée par l’OCDE offre des résultats assez contrastés. La Finlande se détache avec la Corée pour offrir la maîtrise la plus aboutie des fondamentaux en lecture, en sciences et en mathématiques. La Suède obtient des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans ces trois dimensions alors que le Danemark obtient un résultat inférieur à la moyenne de l’OCDE en sciences. L’Islande ne dépasse la moyenne de l’OCDE que pour les mathématiques alors que la Norvège obtient des résultats inférieurs à la moyenne dans toutes les dimensions de l’étude à l’instar de la France.

 

La gestion des finances publiques

Les pays nordiques partagent une vision commune de la gestion des finances publiques. Ils tendent à recourir au déficit budgétaire en cas de phase basse du cycle économique afin de stimuler l’économie. Ils dégagent toutefois des excédents budgétaires en phase haute du cycle. Ainsi, l’endettement public des pays nordiques s’échelonnait de 40,6% pour la Suède à 22,6% pour la Finlande en 2007 alors qu’il s’étendait de 51,2% pour la Suède et de 34,5% pour la Finlande en 2004. Cette gestion des finances publiques offre des marges de manœuvre aux gouvernements en temps de crise dont la France ne dispose plus.

 

La santé publique

Le système de santé publique des pays nordiques se caractérise par la très faible proportion de professionnels de santé exerçant en libéral. Cette singularité a permis de limiter l’augmentation des dépenses de santé tout en garantissant une espérance de vie parmi les plus élevées au monde. Le système garantit ainsi une prise en charge par la collectivité des dépenses de santé tout en limitant les coûts pour le contribuable. L’offre de soins est régulée au niveau local consécutivement au mouvement de décentralisation opérée dans les années 1990. Ce mouvement commun à l’ensemble des pays nordiques a permis une meilleure allocation des ressources.

 

Le rôle de l’Etat

L’ombre portée de l’Etat dans les pays nordiques est nettement moins importante qu’en France. En effet, la régulation sociale passe souvent par les groupes intermédiaires tels que les groupes d’action collective (syndicats, associations, …) ou les collectivités locales. En effet, les sociétés nordiques tendant à valoriser la proximité et sont généralement mal disposées envers une approche trop hiérarchique des relations sociales. Le rôle de l’Etat se limite donc à garantir les grands équilibres macroéconomiques et sociaux et à assurer la supervision de l’activité des autres acteurs. L’Etat est ainsi conçu comme un chef de file et un arbitre impartial. Cette perception est renforcée par la faiblesse de l’administration d’Etat qui empêche l’appropriation des ressources publiques par des corps constitués.

 

Le rôle des syndicats

L’importance du taux de syndicalisation dans les pays nordiques est une caractéristique remarquable. Le fort taux d’adhésion syndical est historiquement lié au rôle dévolu aux syndicats pour l’indemnisation du chômage dans le « modèle de Gand ». Il s’explique aujourd’hui par le rôle actif des syndicats notamment dans la détermination des salaires en l’absence de salaire minimum fixé par la loi. Il est également le reflet de la vitalité de la politique conventionnelle dans des sociétés régies par la recherche du consensus.

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  • : L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • : Les pays nordiques accumulent les paradoxes: syndicalisme fort et dialogue social, libéralisme économique et cohésion sociale, services publics performants et absence de statut de la fonction publique ... Ces contradictions apparentes méritent un détour par le nord.
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  • Cyril Coulet
  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com
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