Politique de l'emploi

Jeudi 11 juin 2009

La « coalition bourgeoise » qui a remporté les élections en septembre 2006 avait construit son programme autour de la promotion du travail en assurant que « le travail doit payer ». La mesure la plus fondamentale de la nouvelle législature fut ainsi la réforme de l’assurance chômage mise en œuvre dès 2007. Cette réforme contestée dès son introduction est au centre de nombreuses polémiques avec la récente hausse du chômage causée par la crise financière et économique. La volonté gouvernementale de renforcer le caractère assuranciel des allocations chômage a notamment conduit à une augmentation des cotisations personnelles d’assurance chômage. Ces dernières ont amené près de 500 000 Suédois à se désaffilier de leur caisse d’assurance chômage en deux ans. L’équilibre général du système d’assurance chômage suédois a donc été affecté par le gouvernement actuel. En effet, le durcissement des conditions d’octroi des allocations d’assurance chômage a réduit le filet de sécurité offert par le système suédois aux travailleurs les plus précaires. Les confédérations syndicales sont donc mobilisées sur cette thématique même si leurs divergences d’intérêts les empêchent de présenter un front uni. Les débats en cours sur les conditions d’octroi et la forme juridique de l’assurance chômage semblent indiquer que ces thématiques seront au cœur de la campagne électorale de 2010. La réflexion autour de l’équilibre entre la promotion de l’activité et la sécurité offerte en cas de chômage est donc loin d’être close en Suède.

Ce billet est la présentation de l'article rédigé pour le numéro 9 de la revue Grande Europe, éditée par la Documentation Française. L'article est accessible ici.

Par Cyril Coulet
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Mercredi 16 janvier 2008

La nouvelle coalition gouvernementale portée aux pouvoirs en septembre 2006 a fait de la réforme de la politique de l’emploi le thème majeur de sa campagne électorale. Ainsi, un ensemble de mesures a été adopté dès décembre 2006 afin d’entrer en vigueur en 2007. Ces mesures traduisent une inflexion par rapport à certaines composantes de la politique de l’emploi suédoise mais elles présentent également des éléments de continuité avec les réformes adoptées par les sociaux-démocrates.

 

1) La dégressivité des allocations chômage :

 

L’allocation chômage est désormais dégressive puisqu’elle s’élève à 80% du salaire moyen de référence sur les douze derniers mois pendant 200 jours. Elle représente 70% du salaire moyen jusqu’au 300e jour et 65% à compter du 301e jour. Cette réforme entrée en vigueur cette année s’inscrit dans la continuité des réformes adoptées en 2001 qui tendaient à faire des allocations chômage un instrument actif de la politique de l’emploi. En outre, la durée maximale cumulée de versement de l’allocation chômage et de l’allocation complémentaire ne peut excéder 450 jours (soit 630 jours au total puisque les allocations chômage ne sont pas versées le week-end)

2) La stimulation des emplois à la personne :
  


Les allègements fiscaux répondent à la volonté de stimuler le développement des emplois peu qualifiés tels que les services à la personne. En effet, les dispositifs de formation professionnelle ne sont pas suffisants pour stimuler l’emploi. Ainsi, l’économie suédoise n’a créé que 30 000 emplois en 2006 avec un taux de croissance de 4,2% alors que le stock de chômeurs est estimé à près de 500 000

 

3) La responsabilisation financière des salariés :

 

Le gouvernement suédois actuel a impulsé une réforme importante du mode de financement de l’assurance chômage en imposant aux caisses d’assurance chômage de verser 10 milliards de couronnes suédoises supplémentaires par an à la caisse nationale. Cette décision implique une réduction de la participation de l’Etat à 55% environ du financement de l’assurance chômage qui contraint les caisses d’assurance chômage à augmenter d’autant les cotisations de leurs membres.

 

4) La disparition annoncée du système de Gand :

 

Le gouvernement a chargé une commission d’enquête d’examiner les modalités de constitution d’une assurance chômage obligatoire pour les prestations complémentaires liées au revenu (inkomstbortfallsförsäkring) qui complèterait l’allocation chômage universelle de base (grundförsäkring). En effet, seuls 3,6 millions de Suédois cotisent à une assurance chômage alors que la population active comprend 4,6 millions de personnes.

 

5) La réorganisation de l'administration de l'emploi :

Le gouvernement a décidé de fermer 20 agences régionales de l'emploi, se conformant en cela aux préconisation formulées par l'OCDE. Il a également décidé en mars 2007 de remplacer la direction nationale du travail (Arbetsmarknadsstyrelsen, AMS) qui existait depuis 1948 par l'agence de l'emploi (arbetsförmedlingen, AF).

6) La marginalisation apparente des acteurs syndicaux :

 

L’absence de concertation avec les syndicats lors de la réforme de l’assurance chômage en 2006 est également digne d’être signalée. Il est néanmoins trop tôt pour formuler des conclusions sur l’évolution de la gouvernance du marché du travail en Suède. En effet, les syndicats suédois continuent de repenser les moyens de leur influence consécutivement à la disparition formelle du corporatisme qui imprégnait les institutions en charge de la politique de l’emploi en Suède.

 

Par Cyril Coulet
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  • : Cyril Coulet
  • cyril-coulet
  • : Homme
  • : 16/03/1976
  • : Paris
  • : chercheur spécialiste des pay
  • : Chercheur, spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com

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