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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 23:21
289882223_972b5fcfd7.jpgLe 6 mars 2010, 93,2 % des 144 000 Islandais qui se sont exprimés ont rejeté la loi autorisant l'Etat islandais à indemniser les épargnants britanniques et hollandais concernés par la faillite d'Icesave.

Quel sera le niveau de vie des Islandais dans les années à venir ?

 

Les études de la Banque centrale islandaise font état d’une chute du revenu disponible des ménages de 25 % entre 2007 et 2009. Cette diminution résulte de deux phénomènes :

 

-      D’une part, la crise financière a provoqué une contraction économique violente avec une récession du PIB de 7,5 % en 2009. Les prévisions font état d’une récession de 3,5 % environ en 2010. Le chômage est passé de 1,5 à 9 % ; ce qui est encore plus sensible dans un pays qui mobilise plus de 80 % de la population active.

 

-      D’autre part, l’ensemble des Islandais est affecté par une  inflation supérieure à 10 % depuis le deuxième trimestre 2008. L’inflation est actuellement en baisse mais elle se situe encore à 7 %. C’est un taux inédit en Europe depuis la deuxième moitié des années 1980. La banque centrale islandaise n’espère ainsi atteindre son objectif d’inflation de 2,5 % qu’au premier trimestre 2012.

 

Les salaires réels, calculés hors inflation, sont donc négatifs depuis 2008 conduisant à un appauvrissement de l’ensemble de la population islandaise. Au premier semestre 2010, le salaire réel devrait encore chuter de 4 %. La situation ne devrait cesser de se dégrader qu’en 2011 de sorte qu’une amélioration n’interviendra pas avant 2012.

 

Le niveau de vie des Islandais ne cessera de chuter qu’avec la stabilisation de la couronne islandaise dont la dépréciation est à l’origine de cette soudaine hausse de l’inflation. La stabilisation de la couronne islandaise sera également indispensable pour permettra aux Islandais d’honorer leurs emprunts. Beaucoup d’entre eux ont été consentis à taux variables et libellés en devises étrangères.

 

C’est pour cela que l’adhésion à l’Union européenne a paru désirable à un certain moment pour la population islandaise. L’adoption de l’euro permettrait de résoudre les problèmes monétaires mais elle poserait d’autres problèmes aussi importants dans le domaine agricole ou dans celui des pêcheries.

 

 Comment vont-ils régler leurs dettes (privées et publique) et à quel prix ?

 

Une grande partie de la réponse est là encore liée au cours de la couronne islandaise et à l’inflation.  La couronne islandaise a vu sa valeur nominale divisée par deux depuis 2008. Le coût de l’endettement a symétriquement progressé dans les mêmes proportions.

 

-       La dette publique est désormais autour de 130 % du PIB et la dette extérieure nette s’établirait à 320 % du PIB en 2010. Au regard de la taille du PIB islandais qui est de l’ordre de 9 milliards d’euros, la valeur de cet endettement est limitée. En termes relatifs, ce niveau d’endettement est très préoccupant. Une inconnue pèse toutefois sur la valeur réelle du système bancaire islandais. Les trois banques qui ont fait faillite avaient accumulé plus de 80 milliards d’euros d’actifs.

 

-       L’endettement des ménages islandais était estimé à 103 % du PIB en 2007. Il est donc supérieur à celui des ménages américains. 80 % de la dette des ménages est indexée sur l’inflation ; ce qui alourdit la charge financière. 13 % de la dette des ménages a été contractée en devises alors que la couronne a perdu 80 % de sa valeur nominale … La situation est particulièrement inquiétante en ce cas. Actuellement 30 000 ménages islandais se trouvent en situation de surendettement, soit 36 % de l’ensemble des ménages. 5 000 d’entre eux sont dans une situation particulièrement préoccupante avec un endettement net supérieur à 300 000 €.

 

-       Les ménages islandais possèdent toutefois des actifs qui peuvent couvrir en tout ou en partie leur endettement. La montée de l’endettement des ménages a été en grande partie liée à l’achat de logements qui conservent une valeur même s’ils ont subi une forte décote depuis 2008. Les Islandais disposent également de produits financiers puisque la retraite est financée par capitalisation. La vente de ces produits constitue une solution à court terme. Le nouveau gouvernement a levé les restrictions sur l’emploi des capitaux investis dans des fonds de pension. Cette solution ne fait toutefois que reporter le problème dans le temps.

 

Quel avenir économique, quels fondamentaux, quelles innovations ?

 

L’économie islandaise avait avant l’essor de son secteur bancaire les caractéristiques d’une économie de pays en voie de développement. Elle est fortement tributaire des matières premières notamment des produits de la pêche et l’énergie bon marché qu’elle soit d’origine hydroélectrique ou géothermique. Cette énergie bon marché a permis à l’Islande de se positionner comme un producteur d’aluminium, secteur qui est un gros consommateur d’électricité.

 

Les capacités de production d’aluminium islandaises ont plus que doublé depuis 2006 alors que les cours sont orientés à la hausse. En revanche, la situation est préoccupante pour les pêcheries qui sont traditionnellement le premier secteur économique islandais. Les saisies diminuent depuis 2008, ce qui est partiellement compensé par une hausse des prix. Les ressources de la mer ne sont pas inépuisables alors que les produits de la pêche représentent encore 5 % du PIB et devraient constituer 40 % des exportations de biens en 2010.

 

Un autre espoir pour l’Islande réside dans la présence supposée d’hydrocarbures dans la « zone du dragon » près de l’île de Jan Mayen. Toutefois, les cours sont encore trop bas pour permettre à un investisseur d’amortir une installation dans des conditions d’accès aussi difficiles.

 

Le développement du secteur bancaire était ainsi destiné à sortir l’Islande de sa dépendance au secteur primaire. Toutefois, il faudra attendre la consolidation de ce secteur pour évaluer si la stratégie fut pertinente.

 

A court terme, le panorama a changé. L’économie islandaise était trop dépendante de deux secteurs. Les évolutions des cours du poisson ou de l’aluminium avaient des répercussions directes sur son économie. Désormais l’Islande est également trop dépendante des fluctuations de sa monnaie …

 

Quel changement politique possible ?

 

Les élections d’avril 2009 ont confirmé l’alternance qui s’était produite dans les faits dès février 2009. Pour la première fois, les sociaux démocrates accèdent au pouvoir en Islande avec l’appui de la gauche verte. C’est un vrai changement politique pour l’Islande qui avait toujours connu la domination du parti conservateur (le parti de l’indépendance) depuis son indépendance en 1944. Ce parti a payé sa proximité avec les milieux d’affaire et a perdu son statut de premier parti politique islandais.

 

Mais le changement ne se trouve pas que dans les urnes. Le répertoire traditionnel de l’action collective a été bouleversé par le mécontentement populaire.

 

On ne doit pas négliger l’implication personnelle des Islandais au travers des manifestations dans les rues. La police a dû utiliser des gaz lacrymogènes en 2009 pour la première fois depuis l’intégration du pays dans l’OTAN … soit 60 ans!

 

Le parti dénommé « Mouvement des citoyens » représente une tentative de normalisation politique des manifestations. Il a été fondé par des manifestants et dispose désormais de 4 députés au Parlement. Toutefois, rien n’indique à cette heure que ce parti va s’inscrire dans le paysage politique islandais.

 

Indefence a promu un autre mode de mobilisation citoyenne : la pétition en ligne. Ce groupe a d’abord protesté contre l’assimilation de l’Islande à un Etat terroriste par le Royaume-Uni. Puis il s’est saisi de la loi sur Icesave afin de réclamer l’organisation d’un référendum sur cette question. En recueillant 60 000 voix, soit le quart des électeurs islandais, Indefence a obtenu que le président de la république oppose son veto à la loi sur Icesave.

 

Cette action a été couronnée de succès. Toutefois, ces groupes n’articulent pas un projet cohérent. Ils ne sont pas porteurs d’une vision de la société. Ils catalysent en revanche le ressentiment et la défiance à l’égard de la classe politique traditionnelle.

 

Il est encore trop tôt pour dire si ces mouvements seront en capacité de construire un programme politique. Cela ne sera pas évident car beaucoup des Islandais qui se mobilisent sont simplement dans le déni de la situation. Certains souhaiteraient simplement que l’Etat ne se substitue pas à Landsbanki pour Icesave. Les conséquences diplomatiques et financières seraient alors très importantes.

 

Un récent sondage sur les intentions de vote des Islandais montre que le rapport de force a évolué depuis les dernières élections parlementaires. Le parti de l’indépendance serait à nouveau le premier parti islandais devant le parti social-démocrate qui perd de l’audience alors que la gauche verte en gagnerait. En revanche, le Mouvement des citoyens issu des manifestations disparaitrait du Parlement. Le paysage politique est encore instable mais il semble que les grandes forces se dessinent déjà.

 

Comment s’est mis en place le système tant critiqué aujourd’hui ?

 

En rejoignant l’espace économique européen en 1994 – zone regroupant l’Union européenne et les pays membres de l’association européenne de libre échange AELE – l’Islande a dû achever la libéralisation de son économie.

 

Le facteur déclenchant sera la privatisation totale des banques islandaises achevée en 2003. Cette libéralisation va donner lieu à une hyperconcentration du secteur bancaire islandais avec trois opérateurs principaux : Glitnir, Kaupthing et Landsbanki.

 

Ces trois groupes vont concentrer 80 % des actifs du secteur financier islandais. Ils vont se lancer dans une stratégie de développement à l’international par croissance externe en rachetant des groupes étrangers. Entre 2004 et 2006 ces trois groupes vont racheter 22 compagnies financières étrangères. La valeur des actifs qu’elles détiennent va ainsi progresser de 100 % du PIB en 2004 à 923 % en 2007.

 

Ces groupes vont distribuer des crédits et donc créer de l’argent au travers de produits dérivés tels que les obligations indexées sur l’inflation ou les obligations liées au marché des changes. Elles vont aussi mettre en place des prêts syndiqués qui permettent à une personne d’emprunter de l’argent auprès de plusieurs bailleurs pour financer une même opération. Tous ces produits financiers vont être réemployés par l’ingénierie financière mondiale pour former des produits structurés.

 

Surtout les banques islandaises vont avoir recours aux dérivés de crédit – les fameux CDS (credit default swap) – qui permettent de transférer le risque lié à l’attribution d’un prêt en contrepartie du versement d’une prime. Les banques vont tirer partie des spécificités des règles prudentielles islandaises en intégrant 30 % de produits hybrides dans leur ratio de Tier 1 alors que la norme internationale est plutôt fixée à 15 %.     

 

En résumé on peut dire que le secteur bancaire a connu une expansion trop importante sur une période trop réduite avec des risques mal maîtrisés.

 

Comment les banques ont-elles pu s’endetter à ce point, sans que quiconque s’en alerte ?

 

Deux précisions s’imposent :

-       D’une part, tout le monde s’est endetté de manière déraisonnable : les banques, les entreprises islandaises du secteur non bancaire et les ménages.

-       D’autre part, dès la fin 2005, les autorités de supervision financière se sont inquiétées de la situation avec la hausse du coût des dérivés de crédit islandais.

 

En février 2006 les autorités publiques ont conçu un accord de stabilisation financière pour faire évoluer les pratiques des trois banques. Glitnir, Kaupthing et Landsbanki se sont donc engagées à améliorer la qualité de leur communication financière, à réduire leurs prises de participation croisées et à augmenter la part des dépôts dans leur bilan.

 

Ces mesures vont justement conduire Landsbanki à rechercher des liquidités à l’étranger en ouvrant au Royaume-Uni un compte de dépôts dénommé Icesave. A mesure que les signaux négatifs s’accumulaient pour l’Islande, les autorités financières étrangères se sont inquiétées des ces comptes de dépôt ouverts notamment au Royaume-Uni, au Pays-Bas et en Allemagne. Les inquiétudes exprimées n’ont toutefois pas eu d’effets parce que certains responsables bancaires pensaient tenir la solution à leurs problème de fonds propres en captant l’épargne étrangère.

 

Les organismes de contrôle se sont alertés mais ils n’ont pas nécessairement agi pour imposer une modification de stratégie aux banques islandaises. Ils affirment avoir essayé d’infléchir les banques islandaises sans avoir le pouvoir de les contraindre. Il est difficile en la matière de faire la part des choses mais un constat s’impose : ce fut un échec.

 

Comment expliquer la forte confiance en l’Etat et en l’autorité ?

 

Je crois qu’il y a plus confiance dans le groupe et dans les institutions que dans l’Etat en tant que tel. Les Islandais expriment une forte défiance envers leurs décideurs et le sentiment d’une trahison.

 

Les conclusions du procureur spécial et de la mission d’enquête parlementaire sur la crise financière seront déterminantes. Elles sont très attendues par la population islandaise qui attend que des responsabilités soient identifiées et que des responsables soient sanctionnés. Une quarantaine de personnes est actuellement susceptible de faire l'objet de poursuites judiciaires. Les conclusions permettront éventuellement de rétablir la confiance. Elles sont également susceptibles d'accroître la défiance de la population envers les institutions si elles n'aboutissent pas à des mises en examen.

 

Quelle régulation ?

 

Deux pistes semblent se dessiner :

-       Favoriser une meilleure appréhension des risques : mise en œuvre de normes prudentielles et contrôles de risques internes ou externes renforcés.

-       Limiter la déresponsabilisation des acteurs et les facteurs « d’aléa moral ». Un encadrement du recours aux CDS est actuellement évoqué.

 

En dehors de cela, il y a un élément qui est peu mis en avant : la tentation de la croissance externe et la course au gigantisme.

 

 

Conséquences du non au référendum

 

Personne ne voulait vraiment de ce référendum. Son principe avait été évoqué par les parlementaires le 30 décembre 2009 mais il avait été finalement rejeté. Le véto du président Gimsson pour la promulgation de la loi sur Icesave a donc été déterminant. Ce référendum est suscptible d'ouvrir une crise politique en donnant l'opportunité aux Islandais de désavouer leurs représentants. Les conséquences politiques sont difficiles à estimer. C’est pourtant le ministre des finances – Sigfusson-  qui pourrait se retrouver en position délicate alors même qu’il était opposé à un accord sur Icesave.

  

 

Au niveau économique, le versement de l’aide du FMI de 2,1 milliards de dollars est conditionné au déclenchement de l’assistance économique des bailleurs nordiques qui représente 2,5 milliards de dollars. Or les pays nordiques sont tous unis pour suspendre le versement de cette aide à la conclusion de l’accord sur Icesave.

 

D’une manière ou d’un autre il faudra que l’accord soit adopté et qu’il le soit rapidement. Des négociations ont eu lieu entre les Britanniques, les Hollandais et les Islandais pour anticiper le résultat du référendum. Des concessions ont été faites par les Britanniques et les Hollandais qui pourraient préfigurer une sortie de crise au niveau international.

 

Au niveau géopolitique, il est certain que l’ancrage de l’Islande à l’Europe sera également conditionné à la conclusion et au respect d’un accord sur Icesave. Si les Islandais arrivent à obtenir de meilleures conditions que celles qui prévalent aujourd’hui alors le référendum aura une utilité mais au prix d'une nouvelle crise politique.


Crédit photographique: http://www.worldislandinfo.com/
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 18:21

telechargement.jpg

 

J'étais l'invité de la rédaction de France Culture pour parler de la situation en Islande. L'émission est entièrement disponible ici.

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 11:35

5866-1-.jpgLes partis de la gauche radicale ont disposé pendant très longtemps d'un espace politique très restreint en raison de la prédominance  du Parti social-démocrate des travailleurs. Ce dernier réunissait en effet plus de 40% des voix lors des élections législatives de 1932 à 1991. Il réussit même à obtenir la majorité absolue des suffrages aux élections de 1940 et de 1968. 

Le poids électoral du parti social-démocrate n’avoisine plus aujourd’hui que les 30 %, ouvrant des espaces pour d'autres formations politiques. Le Parti de gauche (Vänsterpartiet), principal héritier de du premier Parti communiste suédois, est depuis 1967 la seule formation de la gauche radicale disposant d'une base électorale. Le recul du parti social-démocrate à la fin des années 1990 et dans les années 2000 a été très profitable au Parti de gauche, qui a su capitaliser sur la défiance vis-à-vis de l’UE .

Le repli électoral continu des sociaux-démocrates aux élections législatives de 2006 puis européennes de 2009 les a conduits, à l’approche du scrutin législatif de l’automne 2010, à constituer le 7 décembre 2008, une alliance avec le Parti de gauche et les Verts. Ce rapprochement a été conforté par le changement d’attitude de la principale centrale syndicale suédoise (Landsorganisationen i sverige – LO) qui, chasse gardée jusque-là du Parti social-démocrate des travailleurs, a exprimé sa sympathie pour le Parti de gauche. Cet ancrage syndical s’accompagne d’un solide enracinement des différentes forces politiques dans la société via l’existence de groupes d’action collective.

En marge de la scène partisane, la Suède compte un certain nombre de mouvements autonomes dont un des plus actifs est Action antifasciste. Apparus dans les années 1990, prônant la désobéissance civile et, pour certains, le recours à la violence, ceux-ci n’entretiennent pas de lien avec les formations politiques de la gauche radicale.



Ce billet est la présentation de l'article rédigé pour le numéro 16 de la revue Grande Europe, éditée par la Documentation Française. Le dossier est accessible ici.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 23:18
2390666040 2e6b0a9a78Une interview donnée ce jour et reproduite sur le site Internet du Journal du dimanche, accessible en cliquant ici
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 00:20

af-skylt 11677143Victorieuse aux élections législatives de septembre 2006 avec, pour slogan, « le travail doit payer », la coalition bourgeoise a centré son programme sur la promotion de celui-ci tout en mettant en œuvre, dès 2007, une réforme de l’assurance chômage.

Contestée d’entrée de jeu, cette dernière est plus que jamais, face à la brutale hausse du chômage engendrée par la crise financière et économique mondiale, l’objet de vives polémiques. La volonté gouvernementale de renforcer le caractère assuranciel des allocations chômage a conduit, notamment, à une augmentation des cotisations individuelles, amenant, en l’espace de deux ans, près de 500 000 Suédois à se désaffilier de leur caisse d’assurance chômage.

L’équilibre général du système d’indemnisation du chômage s’est retrouvé menacé à la suite de la décision de l’Etat de se retirer du financement des différentes caisses concernées. Quant au durcissement des conditions d’octroi de ces allocations, il a réduit le filet de sécurité offert par le système suédois aux travailleurs les plus précaires. Les trois confédérations syndicales qui gèrent les caisses de l’assurance chômage, se sont fortement mobilisées, même si des divergences d’intérêts les empêchent de présenter un front uni.

Les débats en cours sur les conditions d’octroi et la forme juridique de cette couverture, tout comme sur l’équilibre entre la promotion de l’activité et la sécurité offerte en cas de chômage, figureront donc sans doute au cœur de la campagne électorale de 2010.

 


Ce billet est la présentation de l'article rédigé pour le numéro 9 de la revue Grande Europe, éditée par la Documentation Française. L'article est accessible ici.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 20:01

 

Situation économique du Danemark (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

3,9

1,7

-1,0

-4,5

-0,5

Solde budgétaire

5,0

4,4

2,5

-3,0

-4,0

Taux de chômage

3,9

2,8

1,9

4,5

7,0

 

Situation économique de la Finlande (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,8

4,4

0,9

-5,7

-1,5

Solde budgétaire

4,0

5,3

4,2

-1,0

-4,5

Taux de chômage

7,7

6,9

6,4

8,9

12,7

 

Situation économique de l’Islande (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,4

4,9

-0,1

-9,6

0,0

Solde budgétaire

6,3

5,5

3,2

-1,9

-3,8

Taux de chômage

2,9

2,5

2,8

7,8

8,6

 

Situation économique de la Norvège (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

2,5

3,1

-1,2

1,3

Solde budgétaire

18,5

17,4

20,0

14,0

13,1

Taux de chômage

3,4

2,5

2,6

3,8

4,7

 

Situation économique de la Suède (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,4

2,5

-0,2

-5,0

-0,1

Solde budgétaire

2,2

3,7

2,5

-3,5

-6,0

Taux de chômage

5,3

4,6

6,2

8,9

11,4


Situation économique de la France (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

2,4

2,1

0,7

-2,3

-0,2

Solde budgétaire

-2,4

-2,7

-3,4

-6,1

-7,2

Taux de chômage

8,8

8,0

7,4

9,1

10,2

* Prévisions                   Sources : Insituts de prévision économique et OFCE, Avril 2009

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 20:07

L’Islande a bénéficié de la plus forte croissance des pays développés entre 2003 et 2007. Elle disposait d’un niveau de vie parmi les plus élevés de l’OCDE et son taux d’emploi était de 85% en 2007. En outre, L’Islande partageait avec la Norvège la première place au classement des nations établi sur le fondement de l’indice de développement humain. Une partie de ses performances tenait à l’expansion remarquable du secteur financier islandais qui s’est opérée dans le sillage de la privatisation des établissements bancaires de l’île en 2003. Les trois principales banques islandaises se sont lancées dans un processus d’internationalisation les conduisant à acquérir 22 compagnies financières étrangères entre 2004 et 2006. Le secteur financier islandais représentait ainsi 960% du PIB national en 2008. Cette croissance a toutefois été obtenue au prix d’une hausse spectaculaire de l’endettement extérieur islandais qui représentait 180% du PIB en 2003, 310% en 2004, 440% en 2005, 570% en 2006, 670% en 2007 et 880% du PIB en 2008.

 

La création monétaire opérée par les principales banques islandaises sous la forme de distribution de crédits a servi de fondement à leur expansion. Les banques islandaises ont ainsi utilisé pleinement les innovations de l’ingénierie financière telles que la titrisation et les dérivés de crédit pour accorder des emprunts tout en respectant les normes prudentielles définies par les ratios Cooke et McDonough. Les banques islandaises ont ainsi eu recours à la titrisation pour transformer des actifs traditionnellement non liquides, comme les hypothèques, en titres négociables sur le marché. Elles ont également eu recours aux dérivés de crédit (CDS) pour assurer leur expansion tout en diminuant leur profil de risque. Ces techniques ont permis aux établissements islandais de porter leur ratio de tier one de 14% à 25,6% de 2000 à 2006, tout en augmentant leur émission de crédits de 61% entre 2005 et 2006. Ces montages n’ont toutefois pas résisté à la raréfaction du crédit sur les marchés internationaux ainsi qu’à l’augmentation des spreads pour les CDS.

 

Le Parlement islandais, l’Althing, se résolut ainsi le 6 octobre 2008 à adopter une loi autorisant l’autorité de supervision financière à disposer de pouvoirs spéciaux. Dès le 7 octobre, l’autorité utilisait ses nouveaux pouvoirs pour procéder à la nationalisation de Landsbanki et Glitnir et à celle de Kaupthing le lendemain. Le coût de ces nationalisations a déjà conduit l’endettement public à atteindre 111% du PIB en 2008 alors qu’il ne représentait que 24% du PIB en 2007. La défiance entre les  agents économiques conjuguée au rationnement des liquidités a provoqué une contraction de l’offre de crédit qui affecte la croissance islandaise. L’économie islandaise est ainsi entrée en récession dès 2008 et devrait connaître une contraction du PIB de l’ordre de 10% au cours de l’année 2009. L’inflation a dépassé 20% au cours du quatrième trimestre 2008 et a atteint 11,3% pour l’ensemble de l’année avec des conséquences particulièrement graves pour les ménages disposant de prêts à taux variables. Enfin, le taux de chômage qui atteignait 1% en 2007 devrait atteindre 9,5% en 2008 et 10% en 2009.

 

L’effondrement du système bancaire et financier islandais a donc profondément déstabilisé la société islandaise. Les manifestations organisées dans les rues de Reykjavik ont contribué à la chute du gouvernement en mettant en lumière la défiance de la société islandaise envers ses anciens responsables politiques. L’Alliance sociale-démocrate a donc pu former le 1er février 2009 un gouvernement provisoire avec la gauche rouge-verte. Les résultats des élections législatives anticipées organisées le 25 avril 2009 a donné la majorité à la coalition de gauche inédite dans l’histoire de l’Islande. L’alliance sociale démocrate devient le premier parti politique islandais avec près de 30% des suffrages mettant ainsi à terme à plus 65 années de domination consécutive du parti conservateur dénommé « parti de l’indépendance ». Ce dernier n’a réuni que 23,7% des suffrages alors que le parti de la gauche verte a rassemblé près de 22% des voix.

 

Ces résultats ouvrent la voie à une demande d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne. En effet, l’alliance sociale démocrate a indiqué qu’elle solliciterait une adhésion à l’UE à l’issue des élections législatives. Le parti de la gauche verte, traditionnellement opposé à cette adhésion, a indiqué lors de son congrès qu’il se contenterait d’un seul référendum au moment de l’adhésion. Les Islandais sont toutefois divisés sur cette question puisque 6 points séparent partisans et opposants à l’adhésion. En tout état de cause, l’Europe sera au sommet de l’agenda politique islandais dans les années à venir alors que le sujet était encore tabou avant la crise. L’Islande nous démontre ainsi que les conséquences politiques de la crise financière peuvent être insoupçonnables.

Ce texte est un résumé de l'article qui paraîtra sous le même titre dans le numéro 19 de la revue Nordiques.

Crédit photographique:
FreeDigitalPhotos.net

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 13:23

 

Situation économique du Danemark (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

3,9

1,7

0,2

-0,5

0,9

Solde budgétaire

5,0

4,4

2,5

-2,0

-1,8

Taux de chômage

3,9

2,8

1,9

4,5

6,0

 

Situation économique de la Finlande (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,8

4,4

1,8

-2,2

0,3

Solde budgétaire

4,0

5,3

4,6

1,5

-1,3

Taux de chômage

7,7

6,9

6,4

7,8

9,1

 

Situation économique de l’Islande (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,4

4,9

-0,8

-9,3

-0,7

Solde budgétaire

6,3

5,5

3,2

-1,9

-3,8

Taux de chômage

2,9

2,5

2,8

7,4

8,6

 

Situation économique de la Norvège (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

2,5

3,1

1,8

-0,7

1,7

Solde budgétaire

18,5

17,4

20,0

14,0

13,1

Taux de chômage

3,4

2,5

2,6

3,9

4,6

 

Situation économique de la Suède (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

4,4

2,5

0,6

-2,4

0,4

Solde budgétaire

2,2

3,7

2,2

-2,5

-6,0

Taux de chômage

5,3

4,6

4,6

7,0

8,6


Situation économique de la France (en %)

 

2006

2007

2008

2009*

2010*

Taux de croissance

2,4

2,1

0,7

-3,3

-0,1

Solde budgétaire

-2,4

-2,7

-3,4

-6,6

-8,3

Taux de chômage

8,8

8,0

7,4

9,9

10,9

* Prévisions                                                                                      Source : OCDE, Mars 2009

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 10:48
L'INSEE a rendu public sa note de conjoncture en date du 12 mars 2009. Elle prévoit une récession de 2,9% pour l'année 2009 soit la plus forte contraction enregistrée depuis la deuxième guerre mondiale. L'étude est disponible en cliquant ici

Les perspectives de reprise de l'activité économique semblent donc s'éloigner d'autant.
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 11:58


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Présentation

  • : L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
  • : Les pays nordiques accumulent les paradoxes: syndicalisme fort et dialogue social, libéralisme économique et cohésion sociale, services publics performants et absence de statut de la fonction publique ... Ces contradictions apparentes méritent un détour par le nord.
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  • Cyril Coulet
  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com
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