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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 23:28

25_05_Syndicats_manifestation_630_420_scalewidth_630.jpgLes comparaisons entre les syndicats français et ceux des pays nordiques se heurtent rapidement à l'absence de données précises sur le nombre d'adhérents auprès des grandes confédérations syndicales françaises.

 

Les deux universitaires spécialistes du monde syndical français Dominique Andolfatto et Dominique Labbé ont conduit une étude sur cette question intitulée "Les syndiqués en France 1990-2006".

 

Les résultats de cette étude sont venus infirmer les chiffres présentés par les confédérations syndicales. Ils permettent à ce titre de mieux cerner les spécificités du syndicalisme français.

 

D'après cette étude, les effectifs des confédérations syndicales seraient les suivants:

  • CGT: 525 000 adhérents
  • CFDT: 450 000 adhérents
  • FO: 310 000 adhérents
  • CFTC: 105 000 adhérents
  • CFE-CGC: 80 000 adhérents
  • Unsa: 135 000 adhérents
  • FSU: 120 000 adhérents
  • Solidaires: 80 000 adhérents

 

La France compterait ainsi 1,9 millions de personnes syndiquées (dont 200 000 retraités) pour une population active de 28,3 millions de personnes. A titre de comparaison, la Suède comprendrait 2,79 millions de personnes syndiquées pour une population active de 4,5 millions de personnes.

 

Le taux de syndicalisation en France s'établirait ainsi à 7,5% alors qu'il est de 52% en Norvège, 68% en Suède, 69% au Danemark et 74% en Finlande. La spécificité française tient alors à une implantation syndicale dans les entreprises plus élevée que le taux de syndicalisation de la population. En effet, les délégués syndicaux permettent d'assurer une représentation syndicale dans 55% des lieux de travail en France contre 68% des lieux de travail au Danemark, 81% en Finlande ou 86% en Suède.

 

L'écart entre le taux d'implantation des syndicats et le taux de syndicalisation permet d'éclairer le choix retenu pour la réforme de la présomption irréfragable de représentativité. Il n'en reste pas moins que les trois principales confédérations syndicales françaises comprennent moins d'adhérents à elles trois que la première confédération syndicale suédoise ou danoise ...

 

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 20:11

f2514a285c06fe66e274cdc26d1a283a.jpgBasées sur un lien de contractualisation propre au modèle suédois, les relations « employeurs-employés » sont régies par un dispositif juridique composé notamment de la loi relative à la codétermination sur le lieu de travail (1977) qui, en 1991, fut amendée par la Lex Britannia. Cette dernière a reconnu aux syndicats suédois le droit de conduire une action collective à l’encontre d’un employeur lié à ses salariés par une convention collective soumise à la loi d’un autre État. Cette disposition prémunissait les salariés contre le fait que les employeurs puissent se livrer à un dumping social en se prévalant de dispositions conclues à l’étranger qui seraient en l’occurrence moins favorables que celles en vigueur en Suède.

 

Cet acquis a été mis à mal par l’arrêt Laval - du nom d’une entreprise lettone de construction qui opérait en Suède (notamment pour la construction d’une école à Vaxholm) via une filiale régie par le droit suédois. Rendu par la Cour de justice des Communautés européennes le 18 décembre 2007, cet arrêt a abouti à la suppression des dispositions de la Lex Britannia remplacée, le 10 avril 2010, par la Lex Laval. Bien qu’au terme de cette affaire, le principe des conventions collectives ait été réaffirmé au grand soulagement des trois principaux syndicats suédois, ces derniers ont dénoncé, avec plus ou moins de vigueur selon leur sensibilité, leur condamnation à de fortes amendes, notamment celle de la filiale locale de la confédération syndicale des travailleurs du bâtiment qui, en novembre-décembre 2004, avait organisé le blocus des chantiers de l’entreprise Laval à Vaxholm.

 

L'article est disponible sur le site de la revue Grande Europe éditée par La Documentation Française. Il suffit de cliquer ici pour s'y rendre.

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 16:26


La persistance d'un taux élevé de syndicalisation en Suède est remarquable au regard de la situation prévalant en France notamment. il est important de chercher à en comprendre les causes afin de mieux saisir la singularité française.

 

Toutefois, la situation suédoise a été remise en cause par la réforme de l'assurance chômage mise en oeuvre en 2007. Tous les éléments se trouvent dans l'article que j'ai réalisé pour la revue Chroniques internationales de l'IRES (Institut de recherches économiques et sociales). Il est disponible gratuitement en ligne en cliquant ici.

 

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:15

Les pays nordiques présentent les taux de syndicalisation les plus élevés des pays industrialisés. La Finlande, la Suède, le Danemark et l’Islande sont ainsi les seuls pays à présenter un taux de syndicalisation supérieur à 70% comme cela ressort du tableau ci-dessous.

 

 

Finlande

Suède

Norvège

Danemark

Islande

France

1970

51,3

67,7

56,8

60,3

*

21,7

1980

69,4

78,0

58,3

78,6

66,2

18,3

1990

72,5

80,8

58,5

75,3

96,4

10,1

2000

75,0

79,1

53,7

73,3

83,9

8,2

2003

74,1

78,0

53,3

70,4

85

8,3

* Données non disponibles

 

Les syndicats nordiques présentent des caractéristiques communes :

 

La reconnaissance mutuelle des partenaires sociaux par de grands accords fondateurs :

- Compromis de septembre en 1899 au Danemark.

- Accord fondateur de 1935 en Norvège.

- Accord de Saltsjöbad en 1938 en Suède.

- Instauration des négociations centralisées des salaires en 1968 en Finlande.

 

▪ L’avènement d’une société salariale encadrée par les confédérations syndicales :

- Les syndicats nordiques ont promu la consécration du salariat comme norme sociale par rapport aux travailleurs indépendants.

- La très forte structuration du patronat a appelé une forte structuration syndicale en opposition.

 

L’instauration de négociations salariales centralisées, rendues possibles par :

- Des confédérations patronales et syndicales puissantes et représentatives. 

- L’absence de détermination d’un salaire minimum par la loi.

- La résistance des confédérations syndicales à la décentralisation des négociations salariales au niveau de l’entreprise.

 

La reconnaissance exclusive des syndicats comme sujets de droit, producteurs de normes :

- Les salariés ne sont pas en tant que tels les sujets de droit capables de conclure des accords collectifs.

- Le législateur est réticent à interférer dans le champ dévolu aux partenaires sociaux.

 

L’Etat agit comme un tiers acteur, garant des grands équilibres macroéconomiques :

- L’Etat intervient comme médiateur en cas de conflit social afin de trouver une issue pacifique.

- L’Etat est le garant du respect des objectifs d’inflation dans les négociations salariales.

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 15:08

Les deux tableaux suivants laissent apparaître la spécificité des pays nordiques et de la France dans le champ syndical international :

      ▪ La Finlande, la Suède et le Danemark présentent les plus forts taux de syndicalisation parmi les pays industrialisés avec des taux supérieurs à 70%.

      ▪ La Norvège et la Belgique présentent des taux de syndicalisation supérieurs à 50%.

      ▪ La France présente le taux de syndicalisation le plus faible de tous les pays industrialisés avec moins de 10% de salariés syndiqués.

 

Tableau n°1 : Taux de syndicalisation dans 23 pays industrialisés entre 1970 et 2003 (en%)

 

 

Etats-Unis

Canada

Australie

Japon

UE

Allemagne

France

Italie

R-Uni

1970

23,5

31,6

50,2

35,1

37,8

32,0

21,7

37,0

44,8

1980

19,5

34,7

49,5

31,1

39,7

34,9

18,3

49,6

50,7

1990

15,5

32,9

40,5

25,4

33,1

31,2

10,1

38,8

39,3

2000

12,8

28,1

24,7

21,5

27,3

25,0

8,2

34,9

36,1

2003

12,4

28,4

22,9

19,7

*

*

8,3

33,7

29,3

 

 

Tableau n°2 : Taux de syndicalisation dans 23 pays industrialisés entre 1970 et 2003 (en%)

 

 

Finlande

Suède

Norvège

Danemark

Pays-Bas

Belgique

Espagne

Autriche

1970

51,3

67,7

56,8

60,3

36,5

42,1

*

62,8

1980

69,4

78,0

58,3

78,6

34,8

54,1

12,9

56,7

1990

72,5

80,8

58,5

75,3

24,3

53,9

12,5

46,9

2000

75,0

79,1

53,7

73,3

23,1

55,6

16,1

36,5

2003

74,1

78,0

53,3

70,4

22,3

*

16,3

*

* Données non disponibles

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 22:44

La DARES (Direction de l'animation de la recherche et des études statistiques) vient de rendre publique une étude concernant le taux de syndicalisation et l'implantation syndicale en France. Cette étude est accessible en cliquant ici.

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 00:21

Une présentation du syndicalisme suédois effectuée en 2004 par l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Ce rapport aborde les éléments suivants:

    -
Le rôle des syndicats suédois dans le fonctionnement de la société (négociations collectives et gestion des assurances sociales).
     - Les sources de financement du syndicalisme suédois.

Le rapport peut être consulté en cliquant ici.


Ce rapport est d'une grande qualité mais il présente l'inconvénient d'être un peu daté. En effet, la réforme à l'oeuvre de la politique de l'emploi et de l'assurance chômage a induit deux effets déstabilisants:

    -
La réforme de l'assurance chômage a induit une forte poussée de la désyndicalisation.
     - Le projet d'assurance chômage obligatoire pourrait affaiblir le système de Gand.

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 23:12

La faiblesse du syndicalisme en France est frappante au regard de la situation prévalant dans les pays scandinaves. Alors que la Suède ou le Danemark- pour ne citer que ces pays- connaissent des taux de syndicalisation de 80%, la France atteint 8% dont 5% seulement dans le secteur privé.

Cette situation est encore renforcée par l’éclatement du paysage syndical français qui comprend 7 centrales différentes pour les seuls salariés :

- la CGT

- la CFDT
- la CGT-FO
- la CFE/CGC
- la CFTC
- SUD
- l’UNSA

La variable culturelle est régulièrement mise en avant pour expliquer l’importance de la syndicalisation en Suède par rapport à la France. Il semble toutefois que les différences entre les sociétés françaises et suédoises permettent surtout d’expliquer les divergences dans le répertoire de l’action collective.

La différence entre les taux de syndicalisation tient également au contexte juridique qui assure aux syndicats français une présomption de représentativité et des moyens financiers indépendamment de leur représentativité réelle. Ainsi, le cumul des fonctions de délégué syndical, de représentant du personnel et de membre des comités d’entreprise ou des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a induit une dissociation croissante entre les représentants des syndicats et les salariés.

Les syndicats français sont les grands perdants de cette situation puisqu'ils se retrouvent dépendants de l'Etat. En outre, le rapport entre les confédérations patronales et les confédérations syndicales est autant fondé sur le dialogue que sur l’opposition. Or la faible capacité des mobilisations syndicales en France en dehors de certains bastions, tels que les anciennes entreprises publiques, est préjudiciable aux intérêts des salariés.

Ainsi, les négociations salariales se déroulent en France au sein de l’entreprise entre la direction et chaque salarié. Les salariés français ont ainsi perdu une capacité d’influence sur la détermination de leur rémunération. En outre, les primes concédées aux salariés sont souvent la contrepartie d’une dégradation des conditions de travail.

La remise en question de la présomption irréfragable de représentativité peut être l'occasion d'une redéfinition du rôle des syndicats en France. Il appartient toutefois à l'ensemble des acteurs d'assumer leurs responsabilités dans ce processus. Les syndicats, le patronat et l'Etat pourraient se départir des anciennes habitudes et redéfinir leurs rapports.

En effet, la faiblesse du syndicalisme en France n'est pas que le fait des syndicats. Elle concerne également le patronat qui est trop souvent hostile à l'émergence d'une organisation représentative des employés. Elle concerne aussi l'Etat qui a trop souvent adopté la position du tuteur des relations sociales.


Pour une analyse éclairée et sans concession du syndicalisme français, veuillez cliquer ici.

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  • : L'expérience des pays nordiques: une source d'inspiration pour la France?
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  • : Les pays nordiques accumulent les paradoxes: syndicalisme fort et dialogue social, libéralisme économique et cohésion sociale, services publics performants et absence de statut de la fonction publique ... Ces contradictions apparentes méritent un détour par le nord.
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  • Spécialiste des pays scandinaves. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : cyril.coulet@gmail.com
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